Deux minutes pour apprendre le Breton

Le breton, une langue en voie d’extinction ? Jeremi Kostiou, propriétaire de la librairie Nadoz-Vor milite pour la défense de la langue. Cours express pour grands débutants.

Lucas COLLEU et Paul VALYNSEELE

Découvrez aussi le portrait de Jeremi Kostiou.

Jeremi Kostiou, un breton décalé

A 28 ans, Jeremi Kostiou est éditeur et libraire à Brest. Le jeune passionné fait découvrir son métier et son engagement pour la langue bretonne.

A peine arrivé dans la librairie Nadoz-Vor, au 128 rue Jean Jaurès, le visiteur ne peut être qu’intrigué par les étagères qui débordent de livres. Des piles en breton, des bandes dessinées, des biographies historiques… Difficile de savoir où donner de la tête. Le propriétaire de la boutique est tout aussi extravagant. Un ton rieur et un sourire constant, un look à la fois oldschool et chic, Jeremi Kostiou a une chemise à carreaux, un vieux téléphone fixe à cadran et surtout une personnalité unique.

Amoureux de lecture, il consomme des livres par milliers depuis sa tendre enfance. Aujourd’hui , son métier consiste à vendre des ouvrages édités par d’autres maisons. Il en publie aussi quelques uns chaque année pour compléter l’offre en breton qu’il trouvait trop faible. « Je ne peux pas vraiment dire que mes études ont fait que je suis arrivé là où je suis », souffle-t-il pourtant. Et pour cause… Le Finistérien a fait un BEP et un BAC Pro dans la chimie et la transformation de la matière plastique. Ce n’était pas pour lui. A l’époque, il a 20 ans et l’envie de parler la langue que ses grands-parents n’ont pas transmis à ses parents. « J’ai appris le breton pour récupérer un héritage que l’on m’a volé.»

Il s’inscrit à une formation intensive de 6 mois en 2011 avant d’enchaîner sur une licence de breton. A l’époque, il commence à lire des livres dans cette langue qu’il découvre. « J’ai débuté par les BD car il y a moins de textes », admet-il avant d’ajouter qu’il s’est vite heurté à un manque d’offre. La plupart des BD en breton étaient destinées aux enfants ou adolescents. Il a alors eu l’idée d’ouvrir une maison d’édition puis une librairie afin de mettre en valeur les ouvrages qu’il aurait aimé lire. C’est aussi une forme de militantisme. « Une langue qui n’est pas transmise ne peut pas survivre. Une langue c’est aussi une façon de voir les choses, une vision du monde qui est différente. C’est dommage de perdre cette richesse. »

Aujourd’hui, Jeremi a l’habitude de lire toute sorte de livres et magazines en breton. Pour lui, tout le monde peut apprendre. « C’est une langue assez simple qui a juste quelques particularités alors que le français est beaucoup plus compliqué. C’était prévu pour être une langue de l’élite. » En parallèle de son engagement linguistique, Jeremi est aussi mordu d’histoire et particulièrement de la Bretagne pendant la Première et Seconde Guerre Mondiale. Il fait des recherches sur les chants, costumes et danses traditionnelles et, en bon, collectionneur, rêve un jour de pouvoir exposer ses pièces dans un musée. A seulement 28 ans, il a déjà traduit plusieurs livres du français au breton dont Quitter Brest de Briac et Bugaled Breizh 37 secondes de Pascal Bresson et Erwan Le Saëc. De temps en temps, il est également pigiste pour des magazines sur la langue bretonne ou des revues mensuelles de sciences humaines et sociales. Mod kozh dans la forme, peut-être, mais touche à tout comme les plus modernes de sa génération !

Paul VALYNSEELE et Lucas COLLEU

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