Sébastien, la vague à l’âme

Sébastien Elengar est professeur de surf. Il évoque la culture de ce sport à Brest et en Bretagne.

Au détour de la plage de Lestrevet, au camping Le Kergorz, Sébastien Elengar, 41 ans, propose des cours de surf au sein de son école itinérante. Une simple camionnette remplie de planches, une plage de sable clair, une mer bleue, des élèves motivés, voilà comment il transmet sa passion. Dynamique, le quarantenaire ne voit pas le surf ou le bodyboard comme de simples sports. Pour lui, la glisse est une philosophie de vie.

« Je suis fils de Méditerranéens vivant à 150 km de l’Atlantique, raconte-il. La passion du surf est venue très rapidement, le plaisir dans les vagues, surfer avec n’importe quoi… » Sébastien connaît ses premières vagues à l’âge de 8 ans. Originaire de Charente intérieure, il y a consacré de plus en plus de temps jusqu’à ce que la glisse devienne une activité quasi journalière.

Si Sébastien n’est pas un grand champion, c’est peut-être qu’il s’est mis très tard à la compétition. Il a poussé les portes du Surf Club de Royan à l’âge de 21 ans, quand il a compris que le surf faisait partie de sa vie. A 27 ans, il s’est lancé dans la compétition jusqu’à arriver premier au championnat de bodysurf deux ans plus tard. Il n’y aurait donc pas d’âge pour commencer ? « Un Japonais de 84 ans s’est mis au surf il y a 4 ans et souffre moins de pleins de choses… balaie-t-il. Il surfe tous les jours. » Sébastien a aussi été juge au niveau national en surf et bodyboard.

Contre toute attente, c’est en Bretagne qu’il a choisi de s’installer. « Auparavant, les alentours de Brest était dominés par les sports de voile, admet-il. Mais aujourd’hui les sports de vagues, notamment le bodyboard ont pris le dessus. » Le club du Minou a même été le précurseur du bodyboard en Bretagne, à Brest, d’où viennent de grands champions tels que Yann Salaun.

Quelques années après son installation en Bretagne, Sébastien obtient son brevet d’Etat et fonde sa propre école de surf. L’itinérance de Breizh trip surf school est liée à la philosophie de la glisse. Sébastien cherche à créer un point de rencontre pour les passionnés des vagues. « Si on n’est pas formés par les plus grands, il est impossible d’acquérir la culture de la glisse, explique t-il avec l’énergie qui le caractérise. C’est une idéologie qui ne dépend pas seulement de la proximité de la mer, mais de  la connexion du surfeur avec l’eau. La mer est juste un support. » Pour lui, la popularité du surf est liée au côté « super fun » du sport, avec des règles plus souples qu’au foot par exemple. « Les polynésiens disent que c’est le sport des rois. C’est pas juste de l’élitisme, c’est juste de dire que le surf t’as besoin de toutes les facultés physiques et sportives.»

Ce sport d’à peine 60 ans a été marqué par une évolution naturelle du surf féminin, dans le bodyboard comme dans le surf. « Il m’arrive d’avoir des groupes que de filles , raconte Sébastien. De nos jours, il y’a beaucoup de filles en longboard, car c’est un sport très visuel, alors que les hommes sont plus dans l’explosivité bien que progressivement, les filles tentent d’aller vers ce coté aussi.» Les écoles de surf et les surfeurs sont de vrais acteurs du tourisme en Bretagne. En 2013, il n’y avait que deux écoles et en cinq ans ce nombre a explosé, notamment grâce au matériel, devenu plus accessible.

Lôani SILVA et Emma DUMONT

Une réflexion sur “Sébastien, la vague à l’âme

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *